Europe : une forte hausse de la consommation de charbon attendue cet hiver

Énergie
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L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une hausse de la demande en charbon en Europe pour l’hiver prochain. Une situation qu’elle qualifie d’inévitable à cause du conflit russo-ukrainien.

Une reconversion forcée compte tenu de la situation

Malgré les efforts de l’Europe à réduire au maximum les émissions en carbone, une reconversion du gaz vers le charbon semble aujourd’hui être la solution la plus pertinente, du moins, pour faire face à l’hiver qui arrive à grands pas. La guerre en Ukraine et la crise énergétique qu’elle a engendrée poussent les pays européens à se tourner vers une alternative au gaz dont le prix subit actuellement une hausse vertigineuse.

Plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la République tchèque ainsi que les Pays-Bas, ont déjà entamé la réouverture de leurs centrales à charbon afin de réduire le recours au gaz.

En France, le gouvernement envisage de redémarrer la centrale Emile-Huchet, localisée à Saint-Avold en Moselle. L’installation est capable de produire 600 MW d’électricité. Dans la foulée, les responsables ont évoqué une possibilité de réembauche pour les anciens employés de la centrale.

Une situation qui ne devrait pas « trop impacter » l’environnement

Pour être en mesure de faire face à l’hiver, l’Europe a besoin d’un stock de gaz important. Le gaz destiné à la production de l’électricité sera donc injecté dans les stockages et le charbon prendra le relais pour un certain temps. Selon le rapport publié par le groupe de réflexion « Environnemental Ember Climate », cette mesure provisoire ne devrait en aucun cas compromettre les engagements climatiques de l’Europe qui vise à réduire de 55% les émissions carbone d’ici 2030 et à atteindre la neutralité carbone vers 2050.

L’AIE, de son côté, indique que la consommation de charbon en Europe pourrait atteindre les 450 millions de tonnes pour cette année et devrait baisser continuellement d’ici 2023 « sous certaines conditions ». En effet, pour faire baisser l’usage du charbon, il faut augmenter la disponibilité des centrales nucléaires. À l’heure actuelle, 27 des 56 réacteurs d’EDF sont en activité. Les 29 restants sont hors service en raison de maintenance suite à la détection de corrosion sous contrainte.